«Still standing for culture»: le Monty et le Tof Théâtre à nouveau mobilisés

«Still standing for culture»: le Monty et le Tof Théâtre à nouveau mobilisés

«Still standing for culture»: le Monty et le Tof Théâtre à nouveau mobilisés

Dans le cadre de l’appel «Still standing for culture», le Monty et le Tof Théâtrese mobilisent à nouveau ce samedi.

L’Avenir – Ariane BILTERYST – 12-03-2021
Source: www.lavenir.net

Samedi 20 février 2021, les équipes du Monty et du Tof Théâtre ont tenu à rappeler qu’elles étaient prêtes à reprendre du service dès que possible et ce en chansons et en parodies. C’est sur le toit et aux fenêtres du bâtiment que les artistes se sont produits devant public venu les applaudir dans la rue.

Ils ne désarmeront pas! Voilà déjà le quatrième épisode de la série «Still standing for culture», traduisez «Les lieux culturels luttent pour leur réouverture». Et ce n’est sans doute pas fini.

À Genappe, au Monty, lieu culturel et artistique ouvert une bonne année avant le confinement, ce sera, ce samedi 13 mars, la deuxième fois qu’Alain Moreau, du Tof Théâtre, et ses troupes braveront les interdits imposés par les autorités fédérales concernant la réouverture des lieux de culture. Après un an sans travail et surtout sans pouvoir vivre de sa passion, la compagnie de ce marionnettiste de génie se rebiffe sérieusement: “Notre secteur n’en peut plus de vivre sans aucune perspective de reprise et sans la moindre considération de la part des autorités, explique Alain Moreau. La perte de sens est totale pour nous, artistes. Et je ne suis pas le plus à plaindre. On a un subside qui assure la survie de la compagnie, mais cela ne suffit pas. Pour avoir des rentrées suffisantes pour créer des spectacles, il faut vendre nos spectacles. On avait des tournées prévues à l’international, en France, Suisse, Espagne, Portugal, Italie, Danemark, Taïwan… On reporte encore et encore. On ne sait pas ce qui tiendra de tout ce programme à la fin.”

“Mais il y a pire! Je connais beaucoup de jeunes comédiens et techniciens qui n’ont pas le statut d’artiste, donc ils n’ont pas droit au chômage économique, n’ont plus de revenus, et ils font la file dans les banques alimentaires…”

Le doigt sur l’absurdité de certaines mesures

Après avoir mis une vingtaine d’artistes en solde aux fenêtres et sur les toits du Monty, le 20 février dernier, Alain Moreau organise la fronde, entouré de membres du Tof Théâtre mais aussi de quelques électrons libres tels que le patamusicien Max Vandervorst ou Dominique Maes et sa grande droguerie poétique. Ensemble, ils se proposent d’ouvrir une boutique de liens essentiels dans les locaux du théâtre.

À l’instar du guitariste de jazz Quentin Dujardin qui avait bravé les interdits en essayant de donner un concert dans une église devant quinze personnes à Crupet, Alain Moreau joue avec le feu. Il souligne que tout le public respectera les conditions sanitaires actuellement en vigueur pour les commerces. Il pointe l’absurdité des mesures restrictives de libertés énoncées par le fédéral, non sans un brin d’ironie: “Nous allons vendre du lien social, parce que c’est un commerce essentiel. Les conditions sanitaires seront garanties, il y aura un caddie par personne, des distances seront respectées, et l’offre est valable jusqu’à épuisement des artistes, au plus tard, 17 h 17. Il y a urgence pour beaucoup de gens à retrouver du lien. Et pour nous, artistes, ce lien est au cœur de notre métier”.

Lors de la manifestation du 20 février dernier, le public était venu en nombre manifester sa solidarité avec les artistes.